Nous sommes tous attachés à l’école publique. Si les craintes de la voir tomber dans les mains d’idéologues néolibéraux sont compréhensibles, elles ne résistent pas à un examen précis de l’initiative bâloise, qui profitera à tous, élèves de l’école publique comme ceux de l’école privée.
Une idée fréquemment véhiculée est que le libre choix aggraverait les inégalités et mettrait en péril la cohésion sociale. Or, cette affirmation est démentie par le but même de l’initiative : libérer de l’obligation d’enclasser un élève selon son lieu d’habitation. La principale inégalité du système actuel réside dans cette obligation, qui ne permet pas aux enfants issus de quartiers défavorisés de fréquenter l’école de leur choix. Les tests PISA appuient ce constat d’échec : la Suisse est l’un des pays de l’OCDE où l’écart entre les élèves suisses et étrangers est le plus important. Les pays scandinaves et les Pays-Bas, qui connaissent le chèque scolaire, ont des résultats bien plus satisfaisants du point de vue de l’égalité des chances.
On brandit parfois le spectre d’une privatisation de l’éducation mais c’est omettre de dire que seules les écoles reconnues par l’Etat et respectant ses exigences pourront bénéficier du chèque scolaire. Par peur de perdre sa liberté, l’AVDEP (l’Association vaudoise des écoles privées) a même décidé de ne pas soutenir le libre choix. En outre, les établissements privés retenus devront admettre tous les élèves sans discrimination et ne pourront pas demander d’écolage supplémentaire aux parents, pour abolir l’inégalité actuelle qui réserve à une minorité de parents aisés le droit de choisir l’éducation de ses enfants.
D’autre part, la pratique du chèque scolaire dans les pays qui connaissent déjà ce système dément l’affirmation selon laquelle le libre choix pèserait lourdement dans le budget de l’Etat. Aux Pays-Bas, pays qui obtient des résultats PISA similaires aux nôtres, le coût des élèves est deux fois moindre que dans le système suisse !
L’initiative pour le libre choix veut enfin mettre tous les enfants sur un pied d’égalité dans l’accès à l’éducation. En favorisant différentes approches éducatives, l’initiative étendra enfin à tous le droit des parents de choisir l’école qui convient le mieux à leurs enfants sans discrimination financière. Dire oui au libre choix, c’est dire oui à l’égalité des chances dans la formation.
10 octobre 2008 à 18:53 |
Guy Sorman,consacre tout un chapitre sur le chèque éducation et de sa réussite sociale envers les pauvres dans la localité américaine de Millwaukie. Dans son dernier ouvrage “l’économie ne ment pas” édition Fayard.
Un ouvrage obligatoire pour tout les libéraux.
D.J
10 octobre 2008 à 19:01 |
Avec le chèque éducation l’expérience de Milwaukee USA est pour les économistes presque parfaite. Le Chèque éducation a été instauré en 1998 puis annulé en 2002 à la suite d’un changement de minorité, puis restauré en 2004. Il a été possible, pour Caroline Hoxby, économiste spécialiste de l’éducation d’en calculer les effets avant pendant et après. Milwaukee de surcroît compte une importante minorité hispanique, des immigrés mexicains pour la plupart, dont les résultats scolaires étaient médiocres, avant le chèque éducation, ces élèves étaient assignés, par une carte scolaire contraignante, à des écoles de quartier “ghettoisées”. Le chèque éducation attribué à toutes les familles de Milwaukee a eu pour effet de redistribuer les élèves entre toutes les écoles de la ville; les parents hispaniques ont effectués leur sélection en fonction des résultats publiés des divers établissements.
Au terme de cette expérimentation en grandeur réelle, Caroline Hoxby a mesuré les résultats vérifiables; il en ressort une amélioration variant entre 5 et 10 % pour l’ensemble des élèves de Milwaukee, avec une progression plus importante pour les enfants hispaniques que pour la population d’origine locale. La liberté de choix des parents a conduit, ainsi que le prédisait la théorie de Milton Friedman, à un gain de productivité pour l’ensemble du système avec un bénéfice plus marqué en faveur des plus défavorisés.
Ainsi au Chili, pays très influencé par les thérories de Milton Friedman, le chèque éducation est la règle; mais les résultats sont médiocres, parce que les gouvernements (de gauche depuis 1990), refuse de financer les chèques à un niveau suffisant pour accéder aux écoles privées plus honéreuses que les écoles publiques; au sein même de l’enseignement public, les parents ne peuvent pas choisir dans la transparence, parce que les directeurs d’écoles refusent de publier leurs résultats.
Extrait du dernier ouvrage de Guy Sorman “l’économie ne ment pas” edition Fayard
D.J
10 octobre 2008 à 21:34 |
Merci DJ pour votre contribution. Alors que la récolte de signatures n’a même pas débuté dans le canton de Vaud, les opposants au libre choix sont déjà montés au front en avançant des arguments plus que douteux. Leur stratégie est d’agiter des catastrophes sur le système scolaire afin de décrédibiliser le libre choix de l’école, et ce par pur étatisme, sans la moindre considération pour ceux qui sont “enfermés” dans ces ghettos scolaires qui les empêchent souvent d’accéder à des formations de qualité.
Je n’ai pas encore lu le livre de Guy Sorman mais je m’y mettrai.