En tant qu’étudiant, les chiffres publiés par l’OFS à la fin de l’année passée m’ont particulièrement interpellé: 80% des étudiants travaillent parallèlement à leurs études, et pour un peu moins de la moitié d’entre eux, cette activité lucrative est nécessaire pour financer leur formation universitaire. Dans un pays dont on dit qu’il n’a comme seule matière première sa matière grise et dans lequel l’Etat a le devoir de préserver l’égalité d’accès aux études supérieures, ce constat est l’expression de l’échec cinglant du système de bourses tel qu’on le connaît actuellement.
Or, les besoins ne cessent d’augmenter, ce qui est en particulier du aux récentes réformes de Bologne, qui ont eu pour conséquence d’augmenter la durée des études et la mobilité des étudiants. En 2005, seuls 279 millions de francs ont été distribués aux étudiants suisses sous la forme de bourses, cela alors que les besoins dépassent largement le milliard de francs. De plus, les disparités cantonales dans l’octroi des bourses créent de fortes inégalités entre étudiants: une bourse annuelle moyenne à Zurich atteint presque 9′000 frs par année, alors qu’à Neuchâtel une bourse annuelle moyenne est d’environ 3′000.-
Afin d’élargir l’aide aux études à tous les étudiants et gommer les trop grandes différences cantonales dans l’octroi des bourses, une solution équitable doit enfin être trouvée. Cette refonte du système passe dans un premier temps par la création d’un office fédéral des bourses et prêts d’étude qui harmoniserait l’aide aux études au niveau fédéral. Dans un deuxième temps et dans le but d’offrir à nombre d’étudiants bien plus élevé qu’aujourd’hui une aide aux études, il conviendrait de compléter le système actuel de bourses par un système de prêts sans taux d’intérêts, dont le remboursement serait intégralement consacré à garantir un deuxième prêt à un autre étudiant. En cas de difficultés financières à la fin des études, ce prêt serait convertible en bourse. Un tel système permettrait de conserver un caractère social à l’aide aux études, sans laisser sur le carreau un nombre important d’étudiants comme c’est le cas actuellement.