L’initiative constitutionnelle “Pour le droit à un salaire minimum” a été lancée il y a trois mois par des milieux d’extrême gauche, tels qu’Attac, le POP ou encore SolidaritéS. Cette initiative vise à ajouter un troisième alinéa à l’art. 58 de la Constitution vaudoise, alinéa dont le texte est le suivant: “al. 3 (nouveau) Il institue un salaire minimum cantonal, dans tous les domaines d’activité économique, en tenant compte des différences régionales, des secteurs économiques ainsi que des salaires fixés dans les conventions collectives, afin que toute personne exerçant une activité salariée puisse disposer d’un salaire lui garantissant des conditions de vie décentes”. Telles est en tous cas le texte de l’initiative. L’objectif avoué du comité d’initiative est l’instauration à terme d’un “salaire minimum à 3′500.- nets par mois, treize fois par an”. Et cela pour combattre le phénomène des working poor (ou travailleurs pauvres), que le comité d’initiative dit croissant (ce que réfute les chiffres de l’office fédéral de la statistique de ces dernières années).
L’intention est sans doute louable mais à y regarder de plus près, l’instauration d’un salaire minimum aurait des conséquences non négligeables sur l’économie: comme le montrent les expériences des pays voisins, le salaire minimum induit mécaniquement une forte augmentation du nombre de chômeurs et des prix à la consommation rehaussés pour faire face à l’augmentation des charges salariales.
Malheureusement, ce ne sont pas les simples effets secondaires d’un remède efficace, car un salaire minimum est une mesure qui manque totalement sa cible. En effet, les études de l’office fédéral de la statistique (OFS) sont claires: 2/3 des working poor ont un salaire supérieur à 3783.-! Comme on le voit, l’équation working poor=bas salaires est sérieusement mise à mal. En réalité, la problématique des working poor ne se confond pas avec celle des bas salaires. Au contraire, les statistiques de l’OFS tendent à démontrer que les working poor sont des personnes ayant à faire face à une situation familiale difficile (divorce, famille nombreuse, …). On est loin de l’exploiteur qui profite de la détresse économique des plus vulnérables, comme le véhicule le bon vieux mythe socialiste!
Mais des solutions existent pour que les working poor sortent de la pauvreté: l’aide sociale, seul organisme qui peut aider les working poor en Suisse, devrait cibler ses efforts sur la formation professionnelle et le conseil à ces travailleurs que personne ne veut oublier. Loin des solutions faciles prônées par la gauche, un travail de fond des conseillers de l’aide sociale doit être mené auprès des travailleurs pauvres pour aboutir à des solutions individuelles, adaptées aux capacités de chacun. C’est la seule solution pour enrayer le phénomène des working poor et amener les personnes en détresse passagère à ne pas sombrer dans la spirale dans laquelle sont trop souvent enfermés les travailleurs pauvres.
2 juillet 2008 à 18:12 |
Le salaire minimun doit rester une affaire entre les syndicats d’une branche et les patrons.Quand l’état fixe lui même un salaire minimum et ensuite fixe lui même les augmentations de salaire sans passer par l’avis des employeurs,celà se traduit par un frein à l’embauche.Ce sont les employeurs qui décident d’engager et non l’état.
D.J
2 juillet 2008 à 20:04 |
Exactement. Merci pour vos nombreux commentaires sur notre blog et à bientôt!
Samuel