24 février: un grand OUI pour nos PME!

5h. L’heure de traire. Je passe devant la ferme d’un collègue, un jeune agriculteur passionné, qui se bat pour continuer, chaque jour. L’avenir? Il y pense bien sûr. Il s’inquiète, souvent.  Devra-t-il un jour mettre son exploitation en fermage, au prix de lourdes sanctions fiscales? Aura-t-il un successeur? Il sait que l’agriculture manque dans certaines régions de jeunesse, de relève, plus découragée pourtant par les contraintes financières que par les journées de 15 h.

7h15, j’arrive à la laiterie. Une petite entreprise familiale qui emploie de jeunes mamans du village; le patron aime créer, innover (il planche sur une nouvelle spécialité d’ailleurs!). Il sait que là est la clé de la survie, mais les fonds propres manquent parfois pour suivre le mouvement…

7h30. Un petit crochet par la boulangerie avant de poursuivre ma journée?! En poussant la porte, on est aussitôt assailli par un parfum de pommes, de tresse, de farine, comme autant de souvenirs de la cuisine de grand-maman. Une bouffée de pur artisanat, de terroir, de tradition, de culture aussi. Une bribe de bonheur qui tient bon au village. Le boulanger est pourtant âgé, la retraite s’approche pour lui. Pas de repreneur en vue, un commerce de plus qui fermerait dans ma région, encore un pan d’histoire qui s’écroulerait.

7h45. Le kiosque. 11h30, l’épicerie. 15h50, la quincaillerie, parce qu’évidemment, juste avant la deuxième traite, le joint qui ne devait pas vient de me lâcher!! Et la fleuriste. Le garagiste. La pharmacienne. La coiffeuse. Le carreleur. Le menuisier…. Et, et, et…

Va-t-on laisser certaines régions s’asphyxier économiquement ou se vider de leur jeunesse? Les entreprises familiales sont-elles vouées à disparaître et avec elles, de précieuses places d’apprentissage et de travail? Les petites et moyennes entreprises sont-elles donc contraintes de s’endetter pour innover?? Avec la réforme de l’imposition des PME, nous avons enfin la possibilité d’offrir un nouvel élan à notre économie, de lui donner les moyens d’être plus compétitive, plus créative, tout en lui permettant de conserver les structures à caractère humain qui font sa force.

Pour ma région, mon village, mon métier, mes voisins… je voterai OUI le 24 février.

Céline Correvon

4 Réponses vers «24 février: un grand OUI pour nos PME!»

  1. Samuel David à dit:

    La gauche accuse souvent à tort les libéraux de faire “des cadeaux aux riches” parce qu’elle méconnait que le libéralisme, c’est avant tout la responsabilité. En revanche, je trouve que cette critique s’applique assez bien à la réforme sur l’imposition des entreprises, qui favorisera surtout les grands actionnaires des entreprises organisées en SA et non les petites entreprises familiales. Pourquoi avoir mis un seuil minimal à 10% des actions d’une entreprise pour pouvoir profiter de l’allégement fiscal? D’autre part, l’argument avancé par les tenants du oui sur la prétendue “double imposition” est très discutable, car imposer le bénéfice d’une personne morale puis le revenu d’une personne physique (les dividendes distribuées), même si concrètement c’est le même “argent” qui est taxé, ce n’est pas de la double imposition parce que cela concerne 2 personnes bien distinctes. Pour ces raisons, j’ai voté contre la réforme fiscale.

  2. D.J à dit:

    vous oublier que beaucoups de PME en S.A la personne moral et physique est la même personne puisque le patron est l’unique actionnaire. c’est juste une question de comptabilité. la double imposition est bien réel.

    D.J

  3. Samuel David à dit:

    Cher D.J,
    Vous dites que c’est une “question de comptabilité”, mais même une petite entreprise avec un actionnaire unique a sa propre comptabilité, elle ne se confond pas avec celle de son propriétaire,..

  4. Céline à dit:

    (Ca me fait plaisir de te lire Samuel!) Je suis d’accord avec D.J, dans le sens où l’on parle bien ici des PME, PME souvent aux mains d’un patron-actionnaire unique! Je prends notre entreprise familiale; mon oncle, grand-père et papa étaient les trois seuls actionnaires! Il paraît donc logique que ce soit eux, détenant plus de 10% de l’entreprise, qui bénéficient des allègements fiscaux, vu que ce sont eux qui ont jusqu’à présent pris des risques, payé de leur poche et de leur personne (en y laissant la santé même!)?! Un actionnaire n’est de loin pas un riche, et je ne crois pas que décharger un peu les PME soient un “cadeau” si mal placé. C’est au contraire leur laisser encore une chance.

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