Les JLV dans les médias; “L’Invité” 24heures, Droit de vote à 16 ans, ABC

Le débat fait rage dans le canton de Vaud depuis quelques semaines, suite à la décision de la Landsgemeinde de Glaris d’introduire le droit de vote à 16 ans. A Glaris, la demande venait de jeunes de 16 ans, grande différence d’avec notre Pays de Vaud.

En effet, l’idée est ici reprise par les partis de gauche, qui prétendent voir en les jeunes de cet âge une véritable envie de voter. J’aimerais pour commencer leur rappeler que le taux d’abstention des jeunes de 18 à 25 ans est très élevé.

De plus, cet abaissement de l’âge de la majorité civique à 16 ans renferme en réalité une volonté d’abaisser aussi à 16 ans l’âge de la majorité civile: tout comme cela s’est produit il y a à peine quinze ans, lorsque cette majorité fut abaissée de 20 à 18 ans. Va-t-on proposer une baisse de deux ans tous les quinze ans?

Surtout, il faut rappeler que nous n’avons que très peu de cours d’instruction civique dans le canton de Vaud! Une unique heure par semaine dès la 8e année… C’est bien trop peu! C’est pourquoi je propose des cours de civisme dès le début de l’école secondaire. Un renforcement des connaissances politiques pourra aider les jeunes à comprendre, à aimer, ou au moins suivre la politique suisse. Force est de constater qu’à l’heure actuelle, pour la majorité des jeunes, la politique «c’est ennuyeux, c’est pour les vieux!»

Une comparaison simple avec le permis de conduire me semble judicieuse: il faut avoir pris des cours pour l’obtenir, car ne pas saisir les fonctionnements de la route peut être dangereux pour soi et pour les autres. C’est bien pareil pour l’octroi du vote!

Il ne faut pas non plus oublier que le passage de 16 à 18 ans représente une nette différence. Que ce soit pour le gymnase ou un apprentissage, des cours de civisme sont dispensés.
A 16 ans, il y aurait trop de jeunes qui voteraient comme leurs parents ou au contraire par pure provocation. Par ailleurs, le projet actuel est de donner le droit de vote, mais pas l’éligibilité… ce qui est assez paradoxal. Est-ce un aveu de faiblesse des initiants qui admettent à demi qu’à 16 ans, la connaissance politique de certains jeunes est trop petite?

En revanche, s’intéresser à la politique n’est pas interdit aux moins de 18 ans! Rejoindre un parti, une jeunesse de parti ou un mouvement citoyen est plus que formateur, c’est une vraie école de la vie. La politique initie les jeunes à des connaissances générales, à des débats vifs et à la compréhension du monde qui nous entoure. Tout jeune, j’avoue que la politique m’a beaucoup aidé.

Bien sûr, j’aimerais pouvoir déjà voter et être éligible, mais j’aimerais avant tout que le débat se fasse entre les jeunes et les partis politiques, et pas seulement entre les partis politiques.

En conclusion, j’apprécie que la fougue et les idéaux des jeunes puissent être mis en avant et que du chemin soit fait pour que nos petites voix importent. Cela dit, il faut commencer par former «les benjamins» à une connaissance du monde politique avant de leur donner des pouvoirs complets. Cela nous donnerait une chance d’être des citoyens informés et votant avec un peu de raison.

Qu’en pensez vous?

Alexandre Biard-Chauvet, Secrétaire des Jeunes Libéraux Vaudois

15 Réponses vers «Les JLV dans les médias; “L’Invité” 24heures, Droit de vote à 16 ans, ABC»

  1. Valentin dit :

    Rien à rajouter, je suis tout à fait d’accord avec ce que tu avances, la gauche ne gagnera pas, avec elle nous courrons à la perte de notre démocratie.

    Bonne soirée.

  2. Alexandre Biard-Chauvet dit :

    En esperant que nous allons devoir mener une campagne sur ce sujet… Face à un exemple pour les jeunes “pousse” politique, Jean Christophe Schwaab…

  3. Pascal (centre) dit :

    Je suis bien d’accord pour l’histoire d’instaurer la branche : politique, dès l’école secondaire, car effectivement la connaissance de certaines personnes en politique m’inquiète beaucoup ( je donne pas de nom, mais par exemple pas savoir ce qu’il y a comme parti en Suisse ou qui est Blocher montre que l’on ignore beaucoup de choses de ce qui se passe dans notre pays…), donc je suis d’accord avec toi. Sur la votation à 16 ans je suis pour, car des jeunes gens comme moi veullent voter et faire bouger la Suisse, mais c’est vrai qu’il faudrait une meilleure connaissance de la politique d’abord .
    Pour conclure je vais demander à Valentin de se calmer, parce que son : “avec elle nous courrons à la perte de notre démocratie” je signale que grâce à la gauche les familles et les gens de revenues bas sont plus soutenues qu’avec la droite “dure” de ton parti L’UDC. Donc fais attention à ce que tu raconte, merci.

    Bonne soirée et merci à Alex pour ces débats intèressant :)

  4. Alexandre Biard-Chauvet dit :

    Salut Pascal!
    Plaisir que tu débattes avec nous ;-)

    Oui, tu as envie de voter, et çA c’est super que des jeunes de notre âge aime la politique, s’y interesse, et même veulent voter… comme nous trois –> Valentin 15ans, toi 17, et moi 17… Mais , nous faisons parti d’une minorité de jeunes… Regardons rien que dans nos classes…
    … Et comme nous le disons; nous manquons de cours d’instructions civique.

    Les Jeunes Libéraux veulent des cours dès la 5ème année, nous allons nous battre!! ;-)

  5. Valentin dit :

    Et grâce à la droite nous avons plus d’ordre et de sécurité, je prends l’exemple des manifestations contre blocher et l’udc la gauche n’as pas asumé les dégâts causés par ses propres manifestants, et n’a pas assuré l’ordre dans le cas des manifestations à Lausanne.

  6. Pascal (centre) dit :

    Vous avez bien raison !!! Ce serait vraiment bien si votre proposition passerait :)

  7. Céline dit :

    Hi hi… Morte de rire… Perte de la démocratie à cause de la gauche!! On ne peut pas dire que l’UDC, répressive au possible, favorise forcément une saine démocratie, d’autant qu’elle a tendance à exclure assez facilement une tranche considérable de notre population, vous savez, celle qui n’est pas suisso-suisse?! Toujours est-il que non, le droit de vote à 16 ans n’est selon moi pas une brillante idée; à 16 ans, on est encore malléable, influençable, et donc éventuellement récupérable par des courants extrêmes (chez de nombreux jeunes, bien sûr pas chez vous chers collègues, l’esprit contestataire adolescent, le “mauvais”, pourrait mener à des dérives!). Par contre, les cours d’instruction civique, je dis un grand OUI; pour vous dire, je n’en ai eu AUCUN, malgré mon parcours classique prégy-matu. Je peux compter par contre heureusement sur de sérieuses bases de philosophie qui me permettent aujourd’hui de l’ouvrir un peu sur ce blog… ;-) Informer, donner le goût de la res politica aux jeunes, leur donner les moyens de comprendre ce monde leur semblant souvent inaccessible, finalement en faire des citoyens, c’est essentiel. Suis aussi pour des parlements de jeunes, des visites, des interactions avec le monde politique “adulte” (parrainages…), tout cela dans un cadre souple, parce que là est bien l’enjeu; montrer aux jeunes que la politique n’est pas l’affaire de quelques briscards poussiéreux, mais que pour avoir encore un sens, elle a besoin de forces vives, qui fassent bouger les choses, qui bousculent les codes et les acquis, comme nous autres JL!

  8. Ariane Beldi dit :

    Je suis d’accord avec la proposition d’Alexandre. En ce qui concerne mon expérience personnelle, si je me souviens bien, je n’ai eu d’instruction civique sérieuse qu’à partir de la dernière année du gymnase, dans les 6 derniers mois avant la maturité (1995). Je me souviens vaguement de quelques cours en 9ème, mais il me semble que je n’y avais strictement rien compris, alors que je suivais déjà la politique internationale dans les journaux et à la TV depuis des années. C’est vrai que j’intéressais beaucoup moins à ce qui se passait en Suisse strictement parlant, ce qui était à la fois dû à l’orientation assez internationale de ma famille et à la manière dont l’histoire, en général, nous était enseignée.

    Je ne sais pas pour vous, mais je crois avoir beaucoup plus étudié l’histoire française, tout comme d’ailleurs la littérature française, que l’histoire ou même la littérature out tout autre domaine de production culturelle suisse. J’ai franchement grandi dans l’impression que la Suisse n’avait pas d’histoire ni de culture propre et j’étais plutôt empruntée lorsqu’à l’étranger on me demandait de parler de la “civilisation” ou de la “culture” suisse. Déjà qu’on ne parle même pas “suisse”… Ma meilleure amie sénégalaise a commencé son apprentissage de l’histoire à l’école à Dakar par la citation suivante: “Nos ancêtres, les Gaulois….” (J’vous laisse imaginer, ce qu’elle pouvait en penser à l’époque, alors que sa mère est russe et son père wolof…). Dans mon expérience, ce n’était pas poussé aussi loin, mais peu s’en faut…

    Je me dis donc que ce n’est pas seulement la question de l’instruction civique qu’il faudrait remettre sur la table, mais aussi celle de l’enseignement de l’histoire suisse. Ce n’est pas normal que tant de gens ignorent tout de la constitution de la Suisse moderne et de la place qu’occupaient en Europe, durant les périodes précédant le 19ème siècle, les diverses entités politiques qui ont donné naissance à nos 26 cantons. Connaître la date de 1291, l’Escalade, le mythe de Guillaume Tell et avoir vaguement entendu parler de Sempach ou Marignan ne suffit vraiment pas! Je ne sais pas ce qu’il en est maintenant, mais lorsque j’étais au secondaire et au gymnase, nous n’avions droit qu’à 2 périodes de 45min, d’histoire par semaine. C’est beaucoup trop peu.

  9. Jean Christophe Schwaab dit :

    Les propos de Valentin m’affligent. Son parti comptait sur un maximum de troubles pour faire parler de sa manifestation, qui, sinon, n’aurait pas fait la une des journaux. Ah si, peut-être parce qu’au lieu des 10′000 personnes annoncées, il n’y en avait que 5′000, et parmi elles beaucoup de crânes rasés. Une manifestations pacifique ne fait pas la une des médias, en témoigne le peu d’attention médiatique recueillie par les 17′000 ouvriers du bâtiment qui ont manifesté pour défendre leur convention collective à Zurich le 22 septembre dernier, sans la moindre casse, ni le moindre débordement…
    En outre, il est facile de critiquer les élus responsables de la sécurité (comme s’ils étaient les uniques responsables). Mais il est inadmissible de n’adresser que des critiques sélectives. N’oublions pas que les responsables de la sécurité du canton de vaud et de la ville de Berne sont de droite… Alors de là à en conclure que “la gauche menace la démocratie” ou qu’avec la droite “c’est l’ordre et la sécurité”, c’est tout simplement risible. Mais bon, tel n’est pas l’enjeu du débat et, si vous me permettez l’expression, revenons à nos moutons, ceux du droit de vote à 16 ans.

    La position d’Alex et des JLV est intéressante et construite. Mais elle pêche à mon avis sur deux points:
    - la prétendue cohérence avec l’âge de la majorité et du permis de conduire. Alex part de l’idée qu’il n’y a qu’une limite stricte. Or ce n’est pas le cas. 16 ans est la majorité sexuelle et religieuse. On peut conduire un scooter (et, pour cela, il faut connaître les règles de la circulation autant que pour une voiture) ou skipper un voilier. Et maintenant, le permis de conduire est à l’essai pendant trois ans. Si on suit le raisonnement des JLV, il faudrait introduire le droit de vote à l’essai. 18 ans n’est donc pas une limite absolue: on a droit à des vacances supplémentaires jusqu’à 20 ans ou au congé pour activités de jeunesse extra-scolaire jusqu’à 30. Bref, l’entrée dans la vie active n’est pas réglée par une limite stricte, mais est au contraire très flexible. Ce qui pourrait à mon avis aussi s’appliquer à l’entrée en citoyenneté. Les libéraux ne sont-ils pas en général pour la flexibilité? ;-)
    - La responsabilité des jeunes concernés. Les jeunes de 16 ans ont de plus en plus de responsabilités, notamment celle de choisir son métier ou sa formation. Ce qui est une décision qui a souvent plus d’impact qu’un vote (mais bon, il est vrai que ça dépend de l’objet de vote). D’ailleurs ce choix intervient de plus en plus tôt, parfois bien avant 16 ans. Considérer que les jeunes ne sont pas capable de participer à des décisions qui concernent leur avenir, mais leur imposer d’en prendre d’autres tout aussi importantes n’est à mon avis pas très cohérent. Je trouve aussi que c’est une marque de défiance envers la jeunesse, qui ne mérite pas qu’on la traite aussi mal.

    Je rejoins cependant sa position sur un point. Avant de discuter de l’âge du droit de vote, il faut améliorer l’éducation civique, par la théorie (l’heure en 8ème dont parle alex, je ne l’ai pas même pas eue, moi…) et par la pratique, en développant les conseils élus des élèves dans les écoles, les écoles professsionnelles et les gymnases, ainsi que les débats publics destinés aux jeunes. Je ne soutiens d’ailleurs le droit de vote à 16 ans que si et seulement si cette condition préalable est remplie.

    Voilà ce qu’en pense une “pousse” socialiste. Merci de relancer ce débat qui avait un peu disparu des gazettes pendant les élections.

  10. Alexandre Biard-Chauvet dit :

    Salut JCS…
    On devrait en parler de vive voix un samedi matin sur un marché… Ou seras tu samedi? ;-)

  11. eternalstudent101 dit :

    Vous aurez un stand samedi prochain? Du côté de Nyon? Pour une fois, je devrais avoir un peu plus de temps! Peut-être que je pourrai passer vous voir. Pas que j’ai besoin d’être convaincue pour ce deuxième tour, j’ai déjà voté et envoyé mon enveloppe, mais juste histoire de revoir des JLV en personne!

  12. Alexandre Biard-Chauvet dit :

    Salut Ariane!
    Les JLV n’ont plus de stand…mais nous ns “greffons” à ceux du Parti.
    A Lausanne, Renens, mais Nyon je ne crois pas…

    Profite de ton temps “libre”,
    en esperant te voir bientot,
    Alex

  13. Ariane Beldi dit :

    Dommage! Je dois être à Genève l’après-midi à 14h30, alors aller jusqu’à Rennens, en plus de ce que je dois faire le matin, ça risque d’être un peu ristret’. Bon, je verrai le week-end d’après….là, si tout va bien, je devrais avoir beaucoup plus de temps libre (j’aurais bien avancé dans mes articles qui devraient être presque terminés d’ici-là).

  14. Joëlle Bettex dit :

    Eh bien je suis heureuse de voir des gens réalistes ! J’ai moi-même 17 ans et suis gymnasienne. Ma première réaction, quand j’ai entendu parler du droit de vote à 16, a été de me dire que ce serait super, que l’on pourrait enfin s’exprimer. Puis j’ai réfléchit à toutes les implications que cela avait, et j’ai réalisé à quel point nous ne sommes pas préparés et, par conséquent, pas aptes à voter si jeune. Pour exemple, j’ai découvert il y a à peine quelques mois que certains partis (dont le PLS d’ailleurs) n’étaient pas du tout ce que je pensais, que j’avais une vision totalement faussée de la droite et la gauche et je ne suis certainement pas la seule 16-18 ans dans ce cas ! A mon avis, ils sont même très nombreux.
    Donner des cours de civismes dans les écoles ? C’est une idée qu’il faut absolument mener à terme ! Je n’ai commencé à parler de politique, et encore que très modérément, en première année de gymnase. C’est dire si l’on ne fait rien pour nous donner la capacité de gérer les informations, parfois mensongères, mais surtout trop abondante lors de campagnes. Qui nous apprends à chercher les informations ? Nos parents, notre famille ? Alors qu’il s’agit une période où nombre de personnes font absolument tout ce qu’ils peuvent pour s’en démarquer ?

  15. Alexandre Biard-Chauvet dit :

    Salut Joelle. Ton commentaire me fait très plaisir.!
    Nous allons nous battre pour que des cours de civismes soient donnés dès le cycle d’orientation!
    Oui, je pense que très peu de jeunes connaissent la difference entre la droite et la gauche …
    Bonne semaine

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