Les JLV dans les médias; “L’Invité” 24heures, Droit de vote à 16 ans, ABC
4 novembre 2007Le débat fait rage dans le canton de Vaud depuis quelques semaines, suite à la décision de la Landsgemeinde de Glaris d’introduire le droit de vote à 16 ans. A Glaris, la demande venait de jeunes de 16 ans, grande différence d’avec notre Pays de Vaud.
En effet, l’idée est ici reprise par les partis de gauche, qui prétendent voir en les jeunes de cet âge une véritable envie de voter. J’aimerais pour commencer leur rappeler que le taux d’abstention des jeunes de 18 à 25 ans est très élevé.
De plus, cet abaissement de l’âge de la majorité civique à 16 ans renferme en réalité une volonté d’abaisser aussi à 16 ans l’âge de la majorité civile: tout comme cela s’est produit il y a à peine quinze ans, lorsque cette majorité fut abaissée de 20 à 18 ans. Va-t-on proposer une baisse de deux ans tous les quinze ans?
Surtout, il faut rappeler que nous n’avons que très peu de cours d’instruction civique dans le canton de Vaud! Une unique heure par semaine dès la 8e année… C’est bien trop peu! C’est pourquoi je propose des cours de civisme dès le début de l’école secondaire. Un renforcement des connaissances politiques pourra aider les jeunes à comprendre, à aimer, ou au moins suivre la politique suisse. Force est de constater qu’à l’heure actuelle, pour la majorité des jeunes, la politique «c’est ennuyeux, c’est pour les vieux!»
Une comparaison simple avec le permis de conduire me semble judicieuse: il faut avoir pris des cours pour l’obtenir, car ne pas saisir les fonctionnements de la route peut être dangereux pour soi et pour les autres. C’est bien pareil pour l’octroi du vote!
Il ne faut pas non plus oublier que le passage de 16 à 18 ans représente une nette différence. Que ce soit pour le gymnase ou un apprentissage, des cours de civisme sont dispensés.
A 16 ans, il y aurait trop de jeunes qui voteraient comme leurs parents ou au contraire par pure provocation. Par ailleurs, le projet actuel est de donner le droit de vote, mais pas l’éligibilité… ce qui est assez paradoxal. Est-ce un aveu de faiblesse des initiants qui admettent à demi qu’à 16 ans, la connaissance politique de certains jeunes est trop petite?
En revanche, s’intéresser à la politique n’est pas interdit aux moins de 18 ans! Rejoindre un parti, une jeunesse de parti ou un mouvement citoyen est plus que formateur, c’est une vraie école de la vie. La politique initie les jeunes à des connaissances générales, à des débats vifs et à la compréhension du monde qui nous entoure. Tout jeune, j’avoue que la politique m’a beaucoup aidé.
Bien sûr, j’aimerais pouvoir déjà voter et être éligible, mais j’aimerais avant tout que le débat se fasse entre les jeunes et les partis politiques, et pas seulement entre les partis politiques.
En conclusion, j’apprécie que la fougue et les idéaux des jeunes puissent être mis en avant et que du chemin soit fait pour que nos petites voix importent. Cela dit, il faut commencer par former «les benjamins» à une connaissance du monde politique avant de leur donner des pouvoirs complets. Cela nous donnerait une chance d’être des citoyens informés et votant avec un peu de raison.
Qu’en pensez vous?
Alexandre Biard-Chauvet, Secrétaire des Jeunes Libéraux Vaudois
Publié par jeunesliberaux